naar top
Menu
Logo Print

REVOLUTION INTERNET DANS L'INDUSTRIE

Des solutions cloud et des robots

L'Union européenne a fait de la numérisation de l'industrie un fer de lance. Rien que pour les initiatives qui soutiennent les PME, 110 millions de subsides sont disponibles. On voyait cette année quelle sera la direction que suivra le développement de l'industrie dans les prochaines années.La révolution Internet que nous sommes si habitués de voir dans notre vie privée, se déploiera maintenant dans l'industrie manufacturière.

COURSE A LA CONCURRENCE

L'UE ne focalise pas l'attention sur les PME pour rien quand il s'agit de numérisation. Les grandes multinationales réagissent à cette tendance, parce qu'elles réalisent qu'elles sont ainsi plus fortes dans la course à la concurrence globale. Les PME franchissent moins aisément cette étape. Elles éprouvent plus de difficultés quand il s'agit d'élaborer des manières pour améliorer leurs processus de production par la numérisation et renforcer ainsi de façon significative leur compétitivité dans les chaînes de valeur globales. Bruxelles mise sur trois aspects: donner aux entreprises l'accès aux compétences nécessaires à la numérisation; offrir un accès aux réseaux d'innovation dans lesquels elles voient les meilleures pratiques; et, pour terminer, un soutien financier aux PME qui veulent y investir.

QU'EST-CE QUE LA NUMÉRISATION?

Qu'implique la numérisation dans l'industrie manufacturière? Par exemple, un rôle bien plus important dévolu aux robots. Dans l'industrie manufacturière, vous voyez actuellement le robot, notamment dans la production de masse et comme unité de manipulation près des machines CNC, en remplacement du soudage manuel, de la pulvérisation, etc. Les fabricants de robot croient que le robot jouera un rôle-clé dans la numérisation. A cet effet, ils rendent le robot avant tout mobile. Dans la smart factory, le robot saura tout à l'heure où il se trouve et avec quelles machines il peut et doit communiquer. Le robot cherche son chemin de façon autonome à travers l'usine, dès que les robots sont plus intelligents qu'ils ne le sont aujourd'hui. Autour des robots se créent des écosystèmes, éventuellement construits par plusieurs partenaires. Les robots sont de plus en plus accessibles aux entreprises plus petites. On trouvait déjà des robots de fabricants de robots industriels bien établis à un prix juste en dessous de 10 milles. Ces baisses de prix, associées à la plus grande autonomie, entraîneront une augmentation des robots.

Cet homme-robot connaît déjà son poste de travail dans la production propre. La station de travail APAS est un élément de toute une série d'outils à engager dans la production, dont un système d'inspection placé sur un robot mobile

LE MARCHE DU ROBOT EST AUSSI GRAND QUE LE MARCHE CNC

La progression du robot dans toute la société s'accélère. D'après la fédération internationale de la robotique, le marché de la robotique augmentera entre 2015 et 2020 de 26,9 milliards de dollars à 42,9 milliards de dollars. Dans les années qui suivent, le marché mondial grimpera à 66,9 milliards de dollars. A titre de comparaison: le marché mondial actuel des machines-outils CNC atteint plus de 60 milliards d'euros, soit 66 milliards de dollars. Le marché de la robotique sera donc aussi grand que le marché actuel des machines-outils dans dix ans. Si le marché des robots de service augmentera fortement, le marché des robots industriels est aussi en croissance.

Dans dix ans, 24,4 milliards des 66,9 milliards seront consacrés aux robots industriels (en 2015: 11 milliards). Toutefois, les usines ne seront pas entièrement dépourvues d'intervention humaine. Ceci était aussi visible à Hannover Messe: robot et opérateur collaboreront de plus en plus étroitement. L'intelligence croissante simplifie ceci, les robots ne doivent plus être programmés pour chaque tâche. Les ateliers deviennent numériques: l'opérateur reçoit des instructions à l'écran, il peut suivre l'efficacité de la production. Robot et opérateur sont gérés par le même système numérique.

REALITE AUGMENTEE

La réalité augmentée est une autre forme de numérisation qui changera l'industrie manufacturière. Maintenant que les smart glasses sont plus agréables à porter, les entreprises développent de plus en plus d'applications pour l'industrie, notamment, mais aussi pour les monteurs de service. Dans l'industrie, l'opérateur voit sur le petit écran des instructions sur la tâche suivante à exécuter. Les monteurs d'entretien peuvent consulter des manuels et autres documents sans devoir trimbaler des livres. L'étape suivante annoncée par quelques entreprises est l'intégration de Skype et d'autres outils de communication dans les applications smart glasses. L'idée sous-jacente est que les collaborateurs très expérimentés restent dans l'entreprise et soutiennent les monteurs moins expérimentés depuis leur bureau via une connexion vidéo. En effet, ils regardent la scène en direct sans présence physique sur place et peuvent communiquer directement.

Les tablettes joueront un plus grand rôle dans la production. Ainsi, on a montré l'utilisation d'applis pour adresser une cellule robotique flexible

PREDICTIVE MAINTENANCE

La question est de savoir si ce monteur doit encore être souvent présent localement à l'avenir. Non, estiment les experts. Car, grâce à la numérisation, la maintenance prédictive devient une réalité. Les constructeurs de machines et les fournisseurs de systèmes, p.ex. d'unités d'entraînement, peuvent de mieux en mieux prédire la durée de vie d'un coussinet de laminoir ou d'un entraînement grâce à la technologie de capteur et à l'analyse des données. Dès que ceci est mieux compris, un entretien peut être mieux planifié et une panne subite des machines et installations de production se produira moins souvent. Mais ceci exige que les machines envoient en direct
ou en tout cas plusieurs fois par jour
leurs données vers des banques de données dans le cloud où les algorithmes de l'usine effectuent des analyses big data.

Le thème du cloud était expressément présent, bien que l'industrie européenne reste très réticente à sauvegarder ses données dans le cloud, En partie pour balayer ces soupçons, les entreprises IT ont développé le fog computing. Dans ce concept, un petit cloud est bâti localement et collecte les données des machines. Ces données sont envoyées vers le véritable cloud via une liaison verrouillée. Les machines ne sont pas reliées directement à l'internet, parce que les réseaux de données actuels, privés et publics, ne résistent pas aux volumes de données gigantesques bientôt envoyés avec la progression de la numérisation.

Rolls-Royce utilise dans l'usine de moteurs d'avion en Virginie des solutions numériques pour piloter et optimaliser la production de composants de précision. L'usine a été intégrée numériquement, du bureau à l'environnement de production

QUI GERE LE CLOUD?

Deux développements concernent les services cloud. D'un côté, des fabricants connus de machines, composants d'entraînement ou de robots lancent leurs propres systèmes cloud. Certains les développent eux-mêmes, d'autres cherchent des partenaires. Avec un propre service cloud, ils veulent encore mieux fidéliser les clients, notamment par le lien entre les applications cloud et de nouveaux modèles de gain. D'un autre côté, de nouveaux acteurs apparaissent. Des start-ups comme des entreprises IT établies entrevoient un marché pour les services cloud dans l'industrie et proposeront leurs services. Certaines établissent sciemment leurs centres de calcul en Europe pour balayer une partie des hésitations. En Allemagne, un consortium dirigé par Fraunhofer a développé son Industrial Data Space. Celui-ci doit permettre aux entreprises de sauvegarder en sécurité des données sur le cloud et garantir que les données restent la propriété de l'entreprise. Le système autorise même le stockage de données local, dans l'entreprise (fog computing). L'échange des données entre les différents systèmes est simplifié par un nouveau concept Linked Data. L'OPC Foundation, une organisation sans but lucratif globale qui permet l'échange de données sécurisé entre machines, composants et systèmes logiciels, se concentre aussi sur ce dernier aspect. Les données ont une valeur économique croissante.

Le robot comme élément-clé dans la smart factory. C'est un concept de production pour la construction de carrosserie qui peut être aisément extrapolé et transformé vers un autre type. La réalité virtuelle accélère encore plus la transformation vers un autre concept

ANALOGIE AVEC LA REVOLUTION INTERNET

Ceci est lié au changement effectif qu'entraînera le smart manufacturing ou Industrie 4.0: de nouveaux modèles de gain. A Hannover Messe, l'un des fabricants de robots a présenté un projet en cours chez un constructeur automobile américain. Les robots se trouvent dans l'usine, mais le processus de production est constamment optimalisé via l'analyse big data. Le fabricant de robots possède, en effet, des connaissances approfondies du processus de production et a proposé au constructeur automobile de compter par mètre de cordon de soudure. Le renouvellement des business models est la prochaine étape dans l'industrialisation de l'industrie. C'est ici que réside, selon les constructeurs de machines allemands, le réel point névralgique de l'Industrie 4.0. Les OEM devront se demander par quels nouveaux modèles soutenir leurs clients. Les entreprises manufacturières reçoivent de nombreuses nouvelles possibilités, parce qu'à l'avenir, les investissements ne dépendront peut-être plus des budgets suffisants, mais de la capacité de gain suffisante. Et ceci ouvre le marché aux nouveaux venus qui ont plus facilement accès à la technologie de production via des modèles de service et le pay per use. L'IT et la technologie de production se développeront ensemble, et ceci crée de nouvelles opportunités pour ceux qui veulent les mettre à profit.